Les océans couvrent 71 % de la surface terrestre, produisent la moitié de notre oxygène et absorbent 25 % du CO2 émis par les activités humaines. Leur dégradation menace directement la régulation du climat, la chaîne alimentaire et l’économie de 3 milliards de personnes dépendantes des ressources marines (ONU, 2025).

Pollution plastique des océans : un bilan alarmant

Entre 19 et 23 millions de tonnes de déchets plastiques rejoignent chaque année les écosystèmes aquatiques, selon une étude publiée dans Science en 2024. La masse cumulée de plastique dans les océans atteint désormais 75 à 199 millions de tonnes. Bouteilles, filets de pêche abandonnés, emballages alimentaires et microplastiques forment une nappe toxique du Pacifique Nord aux fosses abyssales.

Le Great Pacific Garbage Patch couvre une surface trois fois supérieure à celle de la France. Des microplastiques ont été détectés dans le sel de table, l’eau potable et le placenta humain. L’ONG The Ocean Cleanup a retiré 25 millions de kilogrammes de déchets en 2025, portant son cumul à 45 millions de kilogrammes depuis le lancement des opérations.

En Méditerranée, le constat reste lourd : 600 000 tonnes de plastique finissent chaque année dans cette mer semi-fermée. Les voyageurs qui adoptent une approche de tourisme responsable contribuent à réduire cette pression sur les littoraux les plus vulnérables.

Aires marines protégées : le levier 30x30

La communauté internationale vise la protection de 30 % des océans d’ici 2030, un objectif baptisé “30x30”. En décembre 2025, 9,9 % de l’océan mondial bénéficiait d’un statut de protection, contre 8,2 % en janvier de la même année. Cette progression d'1,7 point représente la plus forte hausse annuelle depuis une décennie (For The Ocean, 2025).

Indicateur Chiffre 2025 Objectif 2030
Océan protégé (AMP) 9,9 % 30 %
Traité haute mer (ratifications) 78 nations Universel
Plus grande AMP au monde Polynésie française
Zones mortes recensées 400+ Réduction

Le Traité sur la haute mer est entré en vigueur le 17 janvier 2026 après ratification par 78 nations et la Commission européenne. Ce cadre juridique couvre 61 % de l’océan mondial, des eaux jusqu’ici sans aucune gouvernance environnementale.

La France, deuxième domaine maritime mondial, protège aujourd’hui une part significative de ses espaces marins. Des initiatives locales portées par des pêcheurs et des associations montrent que la conservation fonctionne aussi à l’échelle d’un village côtier.

Réchauffement climatique et océans : le cercle vicieux

Les océans stockent 90 % de l’excès de chaleur lié au réchauffement. La température de surface a augmenté de 0,42 °C depuis 1993 selon l’observatoire Copernicus, et le rythme de réchauffement a doublé sur les deux dernières décennies par rapport à la période 1960-2000.

Résultat ? Un blanchissement corallien massif sans précédent. Entre janvier 2023 et avril 2025, 83,7 % des récifs mondiaux ont subi un stress thermique (NOAA, 2025). Le GIEC estime qu’à +1,5 °C de réchauffement, 70 à 90 % des coraux disparaissent. À +2 °C, ce chiffre grimpe à 99 %.

L’acidification aggrave la situation. L’acidité de surface a bondi de 30 % en quarante ans, fragilisant les coquilles des mollusques, les squelettes des crustacés et la calcification des coraux. Les traditions culinaires méditerranéennes qui reposent sur les fruits de mer sont directement menacées par cette transformation chimique de l’eau.

Gestes éco-responsables pour protéger la mer au quotidien

Les actions individuelles, multipliées par des millions de personnes, créent un effet systémique. Voici les gestes à impact mesurable.

Réduire le plastique à usage unique : gourde inox, sac tissu, contenants réutilisables. Un Européen génère en moyenne 36 kg de déchets plastiques d’emballage par an (Eurostat, 2024).

Choisir du poisson issu de la pêche durable. Les labels MSC et ASC certifient des pratiques contrôlées. Adopter une alimentation plus consciente renforce cet engagement.

Participer aux nettoyages de plages. L’association Surfrider Foundation coordonne chaque année plus de 1 500 collectes en Europe, mobilisant 50 000 bénévoles.

Éviter les crèmes solaires contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate, deux substances toxiques pour les coraux. Hawaï et les Palaos les ont interdites depuis 2021.

Soutenir les organisations de conservation marine : Bloom, Sea Shepherd, Tara Océan. Un don mensuel de 10 euros finance la surveillance de milliers de kilomètres carrés d’océan.

Océans et biodiversité : un patrimoine en sursis

Les océans abritent 80 % de la biodiversité mondiale. Les récifs coralliens, qui couvrent moins d'1 % des fonds marins, hébergent un quart des espèces marines connues. La surpêche affecte 35,4 % des stocks mondiaux de poissons (FAO, 2024), un record historique.

Sur le terrain, les conséquences touchent des communautés entières. Trois milliards de personnes dépendent de la mer pour leur apport en protéines. Les économies littorales, du tourisme à la pêche artisanale, vacillent quand les écosystèmes se dégradent. Les grands déserts côtiers qui bordent certains littoraux africains ou sud-américains subissent aussi les effets de cette transformation écologique.

Prochaine étape pour chacun : identifier une action concrète cette semaine. Remplacer les emballages jetables, choisir un poisson labellisé, rejoindre une collecte locale. Les océans n’attendent pas 2030 pour se dégrader. La réponse non plus.